Paper & Stuff · Bruxelles
Holy Sheet, c'est un atelier de reliure et d'arts du papier, à Bruxelles. Du papier, du fil, un peu de colle quand il en faut, parfois un laser. On y relie des livres à la main, on y coud des carnets, on y découpe, on y gaufre. Des petits formats, des structures qui s'ouvrent, des objets qui tiennent debout tout seuls.
Le pli, la superposition, la découpe, la transparence, l'articulation. Le livre comme structure — ce qui tient ensemble, ce qui s'ouvre, ce qui résiste.
Travailler le papier, ici, ce n'est pas le décorer. C'est le plier, le coudre, le contraindre jusqu'à ce qu'il devienne un objet. Ce qu'on voit d'un livre fini, c'est la conséquence de la façon dont il est monté — pas un habillage posé par-dessus.
Voir sur InstagramUne chose revient d'un objet à l'autre : la découpe. Un titre évidé qui laisse voir la couleur du dessous, une fenêtre dans une boîte qui montre le badge, un chevalet fendu qui tient les boucles. Ce qu'on enlève sert à montrer. L'emballage n'entoure pas l'objet — il en fait partie.
Sur le mur, c'est une collection. Des éditions reliées main, qui partent d'un texte et le laissent prendre corps. Le numéro 1 s'appelle Ma fête : couverture vert olive, le titre découpé au laser — les lettres évidées laissent voir le rouge en dessous. Un texte, du papier bleu, une couture. Ça tient.


Goud, c'est un livre jaune. En néerlandais, le mot veut dire l'or. Et ça s'entend aussi comme gouda. Le livre joue sur les deux : des pièces, des lingots, des étiquettes de fromage, tirés en noir sur du papier jaune saturé. Reliure hollandaise, couverture charbon, le titre et le numéro gaufrés en doré.

F##D P#RN, ce sont des carnets-cadeaux d'anniversaire. La question de départ : qu'est-ce que tu veux manger pour ton anniversaire ? Le repas comme joie. Chaque carnet rassemble les images d'un seul plat et les montre en pleine page, sans un mot, comme un imagier. Fait main, CC0, rangés dans un coffret en carton découpé au laser et gaufré.


La reliure, c'est le fond de l'atelier. Carnets cousus, dos exposés à la japonaise, couvertures cartonnées, papiers à motifs. Souvent des structures non-adhésives — rien que le fil, le pli, le carton. Le fil de lin, ciré à la cire d'abeille avant de coudre. Le livre tient sans colle, parce qu'il est monté pour tenir.
Un carnet dont les cahiers sont magnétisés et ne sont pas cousus pour toujours. On retire un cahier, on l'échange, on change l'ordre ; le carnet ne reste plus fermé, il se recompose. Ce qui se joue là, c'est la mobilité de l'archivage : un contenu qui se déplace, se transfère, voyage léger, au lieu de rester fixé. Recherche en cours.


Des carnets de tous les jours, et des structures qui ne se contentent pas de s'ouvrir. Couvertures kraft marquées au vinyle, aplats de couleur francs, et des pop-up : on tourne une page, une forme se déplie en relief. Cousus main, montés pour durer un peu — pas pour la vitrine.

Des badges faits à la presse, un par un. Ils se moquent un peu et ils prennent parti : une pastèque pour la Palestine, des paires de doigts, des oui et des non qu'on épingle ou qu'on offre.

Des marque-pages découpés, en papiers teintés et en transparent. Chacun porte un petit onglet « ici » avec une flèche — il dit littéralement où tu en es. Une languette, une couleur, un trait. À glisser dans un livre, à offrir.
Des carottes. Imprimées en 3D, en PLA, orange et jaunes, la fane turquoise, assemblées à la main une par une. Elles arrivent sur un petit support en papier découpé qui les tient debout. À porter, à offrir.

Holy Sheet travaille aussi sur commande. Un objet à fabriquer, une série à monter, une couverture à refaire, un texte à mettre en forme avant de le coudre. Reliure cousue main, couverture cartonnée recouvrante, gaufrage à sec, découpe — et la mise en page, si le texte n'est pas encore composé.
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